Koh Rong, petit paradis sur terre

Je suis installée sur un rocher, contemplant l’horizon agité par une pluie fine qui ruisselle délicatement sur ma peau. Le sel marin enivre mes narines, pendant que mes pensées fuient vers des contrées bien plus sombres…  
Il y a eu la découverte des plages de Sihanoukville, où tout m’a semblé surréaliste. La musique a atteint des décibels illégales, des cracheurs de feu en veux tu en voilà, des australiens alcoolisés plus que de raison, des feux d’artifice à gogo, et des sourires lorsque j’ai demandé « pour quelle occasion ? » « Aucune, c’est tous les soirs comme ça. C’est un autre monde… » J’ai fui comme un chaton apeuré, là où tout semblait bien plus calme et où l’écume frottait contre les rochers.

Il y a eu ces deux touristes avec ce chiot sur les genoux, qui dormait paisiblement à qui elles confectionnaient un collier en fil. Les même fils utilisés pour faire des mèches dans mes cheveux. En extase et curieuse, je leur demande si elles l’ont trouvé, et si elles comptent voyager avec. L’une d’elle m’explique qu’elle l’a effectivement trouvé, qu’elle doit se renseigner pour les frontières… Puis me propose de le prendre sur mes genoux. Il ne m’en fallait pas plus pour craquer… 5 minutes d’inattention à le cajoler, et elles ont disparu, me laissant cette petite chose sans défense dans les bras… Panique. Il appartenait en fait à la maison d’à côté, j’ai eu chaud, et j’ai haï leur façon, à ces deux cagoles, de prendre les gens pour des cons. Naïve…

  
Il y a eu Anaïs qui arrive de cette ruelle sombre en pensant qu’elle était perdue, et qui me saute dans les bras.

Il y a eu cette journée sur l’île de Koh Rong, où l’eau turquoise te fait croire à des hallucinations et où tu finis ta journée complètement brûlée parce que tu as oublié ta crème solaire à l’hôtel…

Et puis il y a eu le moment où ce week end s’achevait et où il a fallu dire aurevoir à Anaïs et où, une fois dans le bateau et prise de panique, j’ai cru avoir perdu mon passeport. Impossible, je ne l’ai pas sorti de la chambre après que l’hotel ait fait une photocopie… Merci à Anaïs d’avoir tapé le sprint de sa vie, pour qu’au final, il soit comme dans mes souvenirs : rangé, mais pas à sa place habituelle. Une chose est sûre, j’ai été prise de panique parce que je pensais vraiment que mon périple s’arrêterait ici, et j’ai réalisé à quel point j’étais bien, aussi loin, à vivre toutes ces choses extraordinaires…

  
Il y a eu aussi le retour sur l’île de Koh Rong pour y rejoindre Dannae et rencontrer ses deux acolytes italiennes Francesca & Daniela. Il y a eu la journée en mer jusqu’au coucher du soleil à faire du snorkeling, nager en pleine nuit en « shakant your hand, or your feet » et apercevoir les planctons s’illuminer. Il y a eu la soirée où Dannae a eu sa crise de calculs reinaux et où elle pleurait comme un nouveau né car l’otite lui faisait tout aussi mal. Cette soirée où, heureusement, le docteur et Francesca sont en couple et fous amoureux, celui ci même étant également le gérant de notre hôtel où il a pu nous indiquer quelle injection elle devait subir pour aller mieux. Il a fallu trouver l’infirmier à une heure si tardive, et passer une petite heure avec elle pour qu’elle se sente mieux.

Koh rong est une île qui a de forts airs d’un petit village où tout le monde se croise et se recroise. C’est une île où il n’y a presque rien, heureusement un docteur parce qu’il travaille dans l’hotel, et heureusement une pharmacie où tu peux appeler l’infirmier quand tu as besoin. C’est une île divisée en 2 : il y a ceux qui viennent pour les fiesta (la musique à fond jusqu’à 00h, heure où l’électricité est coupée) et ceux, comme moi, venus simplement pour faire autre chose que me bourrer la gueule au whisky khmer sur un bateau à 13h de l’après midi, et, payé 2$.

  
Et il y aura encore et toujours ces discussions où tu réalises que l’amour et la souffrance est partout, que ton profil ressemble en tellement de choses à celui des autres nana sympathiques avec qui tu accroches. Il y aura encore des milliers de débats sur l’amour, les hommes, et les valeurs. Sur l’aspiration d’une vie, les craintes et les joies. Il y aura toujours ce brin de curiosité en chacun de nous, cherchant à comprendre ce qu’on fout ici.

Il y aura sans doute encore et toujours ces infinies minutes passées seules, désirées, où tu réfléchis toujours à la même chose : ce que tu es, ce que tu veux, ce qu’il te manque et ce que tu dois faire pour retrouver la sérénité. Il y aura toujours ces questions sur l’amour, sur l’homme que tu aimes, sur tes croyances et tes espoirs.

Que tu sois à Paris, à Koh Rong ou au fin fond du Guatemala, il y a des choses que tu ne peux pas fuir mais il y aura des gens, et des endroits, qui t’aideront peut être à trouver certaines réponses…

  
Et, de toute évidence, il y aura encore de bien nombreuses péripéties à venir… 

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