Elephant Nature Park : this amazing week…

Ca faisait des mois que j’avais reservé ma place à l’Elephant Nature Park. Ca faisait des mois que j’attendais ça, être volontaire dans un « refuge » pour éléphants. Me rendre utile, apporter ma pierre à l’édifice, faire quelque chose d’utile, apprendre, et partager. Ce rêve s’est réalisé et il n’a pas eu uniquement comme effet de me faire passer une semaine incroyable. Il m’a irrémédiablement metamorphosé. Il m’a aidé à mieux me connaître, à cerner mes aspirations, mes envies, et m’aiguiller sur de nouveaux choix de vie. Il m’a fait grandir autant que 2 mois de voyages, il est venu gratter au plus profond de moi tous mes ressentis sous jacents, ces désirs inavoués. Ce rêve, cette semaine, fut une véritable révélation. C’est aussi exaltant qu’effrayant, mais j’ai le temps d’y penser…

 It had been months since I had booked my experience for the Elephant Nature Park. It had been months since I expected that, being a volunteer in a « safe haven » for elephants. Make me useful, make my contribution to the building, doing something useful, learn, and share. This dream came true and it was not only the effect of making me spend an incredible week. It irreparably changed me. It helped me to know myself better, to determine my aspirations, my desires, and refer me to new life choices. It made me grow as much as two months traveling, it came scratching deep within me all my feelings underlying these unspoken desires. This dream, this week was a revelation. It’s as scary as exciting, but I have time to think about it …

 
Dans un premier temps, avant de vous faire partager mon réel ressenti sur cette semaine, j’ai promis de « spread the word ». Diffuser l’information, partager ma connaissance, éduquer mes amis comme on éduque un parfait inconnu sur la catégorisation évidente du bull terrier, ou comme on essaie d’ouvrir les yeux à notre cousine parce qu’elle trouve les cochons trop mignons mais qu’elle ignore les conditions dans lesquels ils sont tués… A mon tour de vous dire certaines choses.

Il y a maintenant une bonne dizaine d’année, Lek Chailert a décidé d’ouvrir un refuge pour sauver les éléphants d’Asie. Ce sanctuaire est en réalité bien plus que ça : ce petit bout de femme parcourt l’Asie pour sauver ces magnifiques êtres, mais aussi les chiens, chats, buffles, oie, canard, … Et leur offre le meilleur environnement possible. (On notera d’ailleurs les couvertures la nuit pour les 4 pattes, du chien à l’éléphant). 

First, before sharing my real feelings about this week, I promised to « spread the word ». Disseminate information, share my knowledge, educate my friends as you educate a complete stranger on the obvious categorization of bull terrier, or as you try to open the eyes of your cousin because she thinks pigs are so cute but ignores the conditions in which they are killed … It’s my turn to tell you some things.



There is now a good ten years, Lek Chailert decided to open a sanctuary to save Asian elephants. This sanctuary is actually much more than that: this tiny woman travels Asia to save these magnificent beings, but also dogs, cats, buffalo, goose, duck, … and offers them the best possible environment. (Note also in the night the covers for four paws, from dogs to elephants).  
Sauver les éléphants ? Les sauver de quoi ? De l’humain ! Ne vous êtes vous jamais posé la question : pourquoi, comment, est il possible qu’un animal sauvage comme l’éléphant devienne aussi docile ? Je ne nierai pas, porter deux humains, c’est pas grand chose… Mais si vous saviez par quoi cet éléphant est passé pour en arriver là. Logging (déforestation), tourisme, cirques, manche dans la rue… Les éléphanteaux sont séparés très tôt de leur mère, on les enferme ensuite dans un enclos plus petit qu’eux où ils sont littéralement ligotés, et on leur inflige les pire sévices possible. Je l’ai vu de mes propres yeux, et pas une seule des personnes présentes ce jour là n’a pu retenir ses larmes. A l’aide de leur pioche en métal, ils sont ouverts à sang, sur toutes les parties du corps, on les maltraite, les martyrise, et ils sont immobilisés jusqu’à ce que (presque) mort s’en suive. Jusqu’à ce qu’il soit tellement affaibli, tellement apeuré par l’humain, qu’il n’ait plus d’autres choix que d’obéir. Il reste ainsi pendant des jours, des semaines. Sans soins. Ils sont obligés de leur ligoter la trompe car nombreux sont ceux qui essaient de se suicider en mangeant leur propre trompe. Cette liste n’est pas exhaustive. Un éléphant domestiqué est un éléphant auquel on a infligé les pires souffrances. Alors s’il vous plaît, ne montez plus un éléphant, n’allez pas au cirque, n’achetez pas d’ivoire, posez vous les bonnes questions…

Je ne parlerai pas non plus des queues coupées ou des cils arrachés pour confectionner de beaux bracelets « porte bonheur ». Je ne parlerai pas de ces éléphants aux hanches brisées, ces pattes brisées à vie, ces défenses arrachées, ces éléphants se laissant mourir parce qu’ils n’en peuvent plus de vivre car 12h de balade avec des touristes sur le dos, ça fatigue… 

J’essaierai de partager avec vous des documentaires sur le sujet à mon retour… Mais avant toute activité touristique avec un animal, renseignez-vous vraiment… 


Save the elephants? Save them from what? From the human! Do you ever asked yourself the question: why, how is it possible that a wild animal like the elephant becomes as docile? I will not deny, having two humans on the back is not much … But if you knew where those elephants went through. Logging, tourism, circuses, handle in the street … Babies are separated early from their mothers, they are then locked in a small enclosure where they are literally tied up, and inflicts the worst abuse possible. I saw with my own eyes, and not one of the people present that day could not hold back his tears. Using their pick of metal, they injured them until blood, all body parts, mistreat them, torture them, and they are capitalized until (almost) death follows. Until they are so weakened, so scared by the human, that they have no other choice but to obey. It thus remains for days, weeks. Without care. They are forced to tie up their trumps because many of them try to commit suicide by eating their own trump. This list is not exhaustive. A domesticated elephant is an elephant which was inflicted the worst suffering. So please, don’t ride an elephant, do not go to the circus, do not buy ivory, ask yourself the right questions …


I will neither talk about cut tails or eyelashes plucked to make beautiful bracelets « lucky charm ». I will not speak of those elephants with broken hips, legs broken, those tusks torn, leaving these elephants die because they are tired of living because of 12h ride with tourists on the back, it tires …


I will try to share with you documentaries on the subject on my return … But before any tourist activity with an animal, ask really …

  
Je suis donc arrivée lundi au Paradis. Je me suis retrouvée à Jurassik Park, mais ce que j’entendais, bien que très proche du dinosaure, était bel et bien des éléphants. Chacun a son histoire. Et souvent très moche.

A chaque éléphant son Mahout. Le mahout est celui qui se lie pour la vie avec l’éléphant. A l’Elephant Nature Park, c’est l’éléphant qui choisit son Mahout, et non l’inverse. C’est une connexion très forte à observer quand elle est basée sur l’amour et la confiance. Les éléphants sont dotés d’une capacité à aimer tellement énorme, ils sont vifs d’esprit, sensibles et si intelligents. A l’Elephant Nature Park, aucun « outil » n’est toléré. Les éléphants vivent en liberté, avec leur mahout, et ne sont guidés que par la nourriture et la récompense, à la voix.

So I arrived Monday to Paradise. I found myself in Jurassic Park, but what I heard, although very close to the dinosaur, was indeed elephants. Everyone has a story. And often very ugly.


Every Elephant has a Mahout. The mahout is the one that binds for life with the elephant. At the Elephant Nature Park it’s the elephant who choose his Mahout, and not the reverse. This is a very strong connection to watch when it is based on love and trust. Elephants are endowed with a capacity to love so huge, they are mentally alert, sensitive and so smart. At the Elephant Nature Park, no « tool » is tolerated. Elephants roam freely with their mahout, and are guided only by food and reward, with the voice.

  
Il y a Mae Do, les hanches brisées lorsqu’elle transportait des tronçons d’arbre et qu’elle est tombée, épuisée, dans un fossé.
Il y a Jokia, qui souffrait tellement qu’elle a fini par essayer de tuer son propre mahout, il lui a donc crevé les yeux en échange. Elle est aujourd’hui aveugle.
Il y a Mae Perm, première arrivée, qui fut psychologiquement anéantie. Quand Jokia est arrivée au Park, Mae Perm s’est pris d’affection pour elle et veille aujourd’hui sur elle. Elles sont systématiquement ensemble et gare à vous si Jokia appelle Mae Perm car elle ne la voit pas, Mae Perm fonce sur Jokia et elles se câlinent… 
Il y a Lucky, aveugle également, en raison des flashs dans les cirques.
Il y en a 62 autres avec des histoires les unes plus horribles que les autres.

  

Ce lundi, j’ai rencontré des gens formidables, et me suis liée d’amitié avec certains d’entre eux. J’ai eu des coups de coeur infaillibles, j’ai eu des espoirs, des déceptions, des gueules de bois, des joies, de l’amour, et du bonheur. 

 


There is Mae Do, broken hips when carrying tree stumps and she fell, exhausted, into a ditch.

There is Jokia, who suffered so much that she ended up trying to kill his own mahout, he has blinded in exchange. She is now blind.

There is Mae Perm, first arrival, which was psychologically devastated. When Jokia arrived at the Park, Mae Perm has grown fond of her and now watches over her. They are always together and beware if Jokia call Mae Perm because then she will run to Jokia and will hug haha

There is Lucky, also blind, due to flashes in circuses.

There are 62 others with stories each more horrible than the other.




On Monday, I met great people, and have befriended me with some of them. I had shots infallible heart, I had hopes, disappointments, hangovers, joys, love, and happiness.

 
 Je me réveillais à 6 heure du matin pour ramasser les « poo » d’éléphant (caca ça sonne mieux en anglais), j’ai lavé les fruits et légumes pour leur nourriture (un éléphant pèse en moyenne 3 tonnes et mange 10% de son poids. Par jour. Multiplié par 66, je vous laisse imaginer le coût… Et il ne s’agit que des éléphants. Il y a aussi les salaires à payer, les 500 chiens à nourrir, les chats.) On a coupé des kilos et des kilos d’herbe, on a récolter le foin, on est allés dans une école, on a fait du tubbing. On a déchargé des tonnes, littéralement, de citrouilles. J’aimais aller dans la cuisine voler des pastèques ou des concombres et rejoindre le Mahout de Mae Do pour la nourrir. J’aimer m’asseoir dans la « smoking area » pour les voir se baigner, j’aimais apprendre leur histoire, et essayer de les comprendre.

J’ai réalisé à quel point j’étais une fille de la nature, j’ai réalisé à quel point j’aimais les animaux, et ça pourrait probablement changer quelques perspectives de vie, ou professionnelles. J’ai réalisé que je pourrais vivre ici, loin de la ville, au rythme   de la nature. J’ai réalisé que je n’avais besoin de rien d’autre que les animaux, et je suis fière du chemin parcouru. J’ai réalisé que mon but à moi, ce serait ça. Ce serait de donner de l’amour, ce serait d’aider les animaux et à n’importe quel prix. Ce serait de me sentir utile, et de faire le bien, tout simplement.
I woke up at 6 o’clock in the morning to pick up the « poo » elephant (poop sounds better in English), have washed fruits and vegetables for food (an elephant weight is an average of 3 tons and eats 10% its weight. Per day. Multiplied by 66, you can imagine the cost … And it is only elephants. There are also wages payable, 500 dogs to feed and the cats.). We cut kilos and kilos of grass, we harvested hay, we went to a school, we went tubbing. We unloaded tons, literally, of pumpkins. I liked to go into the kitchen to steal watermelons and cucumbers and join the Mae Do Mahout to feed. I love to sit in the « smoking area » to see them swim, I loved to learn their history and try to understand them.



I realized how I was a girl of nature, I realized how much I loved animals, and that could probably change some perspectives of life. I realized that I could live here, away from the city, to the rhythm of nature. I realized I did not need anything other than animals, and I am proud of the progress. I realized that my goal for me would be that. Give love, help animals at any price. Trying to be useful and do the good.

Et puis, il y a aussi eu cette fois où on s’est faite chargée par un éléphant, avec Natalie. On a du sauter par dessus des barbelés, et les mahouts se sont dressés instantanément pour stopper la course. On a appris qu’après que ces 3 éléphants étaient normalement de l’autre côté de la rivière parce qu’ils n’aimaient pas du tout les humains. Merci bien les gars… On a du trembler pendant 15 bonnes minutes.

Et puis j’aimais m’endormir et me réveiller avec leur barrissement (merci maman). Ce son est si impressionnant, j’en raffolais même si cela ne présageait rien de bon…

Tous ces souvenirs en moi, sont ancrés. J’ai du mal à me dire que je suis revenue à la civilisation, j’ai du mal à accepter le monde fourmiller autour de moi, je suis déjà nostalgique. Et triste. Triste d’avoir été aussi heureuse et de savoir que c’est un peu parti.

J’ai ce sentiment d’ado, où tes parents viennent te chercher à ta colo d’équitation en normandie. Et tu chiale dans la voiture en écoutant « Stewball », et tu te dis que c’est pas juste, tu voulais rester, et tu y retourneras l’été d’après, c’est sûr.
And then there was also that time when Natalie and I were chased by an elephant. We had to jump over the barbed wire and the mahouts instantly stand up to stop her. I learned later that these three elephants were normally on the other side of the river because they did not like humans. Well thank you guys … We had to shake for 15 good minutes.


And I loved falling asleep and waking up with their trumpeting (thank you Mom). This sound is so impressive, I raffolais in even if it does bode well …


All these memories in me, are anchored. It’s hard to say I’m back to civilization, I have difficulty accepting the world swarming around me, I’m already nostalgic. And sad. Sad to have been so happy and know that it’s a little gone.


I have this teenager feeling, when your parents come to get you from your horse riding summer camp in Normandy. And you are crying in the car listening « Stewball » and you tell yourself that it’s not right, that you wanted to stay, and that obviously you will return there after the summer, for sure.




A  voir :  Site officiel Elephant Nature Park

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